Face à la crise du monde agricole, l’agriculture biologique est porteuse d’espoir!

29 février 2016 | Engagements écologiques

Le salon de l’agriculture a ouvert ses portes ce week-end. Ce qui fut autrefois la grande fête du monde agricole s’est petit à petit transformé en une manifestation où les paysans crient leur désarroi.

Ce même week-end  a vu  la victoire de l’excellent documentaire Demain signé de Cyril Dion, que beaucoup connaissent pour son action fondatrice du mouvement Colibris (Pierre Rabhi).

Quel pied de nez de l'actualité... à moins qu'elle ne fasse naître des vocations chez certains!

l'agriculture biologique attire de plus en plus

Le monde agricole, un monde malmené au fil des décennies.

Depuis le début d’année, nous sentons chaque semaine un peu plus la colère des producteurs monter : céréaliers, éleveurs en tout genre...Tous semblent cette fois-ci crier de concert leur désarroi. Pour tous ces acteurs, le constat reste le même : un double phénomène des prix bas et un taux d’endettement très élevés. En 2010 selon l’Agreste l’endettement moyen par exploitation se montait à 159 000 euros. On comprend dès lors le sentiment d’asphyxie si souvent mentionné lors des reportages.

Le monde agricole, on ne cessera de le dire, a vu au cours de ces dernières décennies le nombre d’exploitations chuter drastiquement : si en 1980 la France compte 1 million de fermes, en 2013 elle n’en recense plus que 400 000. Ce phénomène touche principalement les petites et moyennes fermes, qui n’arrivent plus à trouver repreneurs.

Et pourtant, à l’instar de l’Allemagne et des Pays bas, des exploitations ‘‘géantes’’ voient le jour : une ferme de 250 000 poules dans la Somme, 125 000 poulets dans le Vaucluse, 23 000 porcelets dans les Côtes d’Armor sans oublier la très médiatique ferme des 1 000 vaches dans la Somme.

Il semblerait que le monde agricole conventionnel soit à la croisée des chemins : faire encore plus, continuer à nourrir un modèle qui pourtant semble faillir ou bien au contraire prendre le contre-pied de ce même modèle, faire moins mais mieux.

Face à la crise du monde agricole, l’agriculture biologique affiche une santé vigoureuse

label-agriculture-biologique

Les Mouettes Vertes ont vu le jour en 2005 à Rédéné, petite commune rurale du Finistère. A cette époque aucune ferme bio à l’horizon. En 2016, on en recense 1, le chiffre reste bien bas, me direz vous, cependant cette ferme était auparavant exploitée de manière conventionnelle. Parmi les paysans de Rédéné, nombreux sont ceux qui, à présent, évoquent de plus en plus sérieusement le bio.

Les chiffres de l’Agence Bio sont éloquents : les surfaces cultivées de manière biologique ont fait un bon de 17% en un an pour atteindre 1,3 million d’hectares fin 2015. En 2015, 220 000 hectares sont passés en conversion. Le nombre de producteurs ayant supprimé les pesticides et engrais chimiques a progressé de 8,5%.

L'agriculture biologique c'est la  protection de l'environnement ET la protection des paysans

Le chemin est long mais la tendance est bien réelle : pour nombre de paysans le bio semble être le chemin pour vivre dignement de leur activité, renouer avec un rapport sain entre leur métier et les transformateurs.

L’agriculture bio entraîne moins d’endettement car moins d’achat (d’intrants  ou d’alimentation animale type tourteaux de soja) et surtout rime avec prix d’achat plus juste. Prenons l’exemple du lait : la tonne de lait conventionnel est payée par les grands industriels 270 euros, quand en bio cette même tonne se valorise 400-450 euros.

Dans le bio, les paysans retrouvent un prix rémunérateur, une réelle autonomie et la fierté d’être reconnus.

Une agriculture bio pour des consomact’eurs

Film demain, porteur d'espoir
Film demain, porteur d'espoir

L’agriculture biologique va bien car, pour beaucoup d’entre nous, nous avons changé notre mode de consommation. Nous souhaitons acheter moins, et mieux. Nous souhaitons nous assurer que tous les acteurs de la chaîne aient bien été respectés pour leur travail : les paysans, les animaux, sans oublier notre mère nature.

Toujours selon l’Agence Bio, le marché des produits bio a encore progressé de 10% en 2015 et pèse aujourd’hui 5,5 milliards d’euros.

Le consommateur a fait place au consom'acteur.

Comme dit Cyril Dion ‘il y a un énorme besoin d’espoir pour l’avenir’. Le film Demain est inspirant car nous pouvons tous changer l’orientation actuelle de notre monde du toujours plus vers le moins et mieux. Tout comme ces paysans qui se convertissent au bio, nous pouvons tous à notre échelle, dans nos actes de tous les jours, chez soi ou bien au travail, faire des choix qui comptent, des choix porteurs de sens, des choix porteurs d’un monde plus équilibré et plus respectueux de nous tous.

Dans notre premier billet de ce début d'année, du-coton-bio-et-de-l-humain-au-coeur-de-notre-quotidien,  nous mentionnions d'ailleurs l'importance de l'humain.

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