• La grève mondiale pour le futur

La grève mondiale pour le futur

Quand le climat devient l’affaire de tous

Une jeunesse engagée

Le mouvement de grève mondiale pour le futur, aussi appelé la « Marche du Siècle » et qui a engendré deux manifestations de grande ampleur en France les 15 et 16 mars derniers, trouve de nombreux échos dans la presse nationale, les organisateurs ayant en effet dénombré près de 350 000 participants sur l’ensemble du territoire[1]. Directement adressé aux pouvoirs publics mais également à une audience plus large de climato-sceptiques ou d’indifférents, le mouvement vise à faire prendre conscience des enjeux pressants liés au réchauffement de l’atmosphère, à la montée des eaux du globe, et aux conséquences environnementales et sociales graves qui en résulteront.

À l’origine de l’idée d’une grève mondiale de la jeunesse pour alerter l’opinion au sujet du changement climatique, Greta Thunberg, 16 ans, poursuit ses efforts dans son pays natal, la Suède. Récemment désignée comme candidate au prix Nobel de la paix, elle est devenue le visage d’une génération qui s’engage pour faire inscrire le changement climatique dans les programmes politiques  comme dans le mode de  vie de chacun au quotidien.

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Reste cependant  à créer les conditions technologiques d’un tel revirement, sans souffrir des effets pervers d’une fausse transition verte, alimentée par un retour au gaz ou au charbon pour pallier l’irrégularité de la production d’énergie renouvelable.

Et la science, dans tout cela ?

D’après le rapport publié en 2013 par le GIEC (Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, instance des Nations Unies qui se consacre à cette question), la science montre avec 95% de certitude que le changement climatique est en majorité lié à l’activité humaine depuis les années 1950[2]. Les principales causes évoquées sont les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, elles-mêmes liées à l’utilisation des combustibles fossiles mais également à nos pratiques agricoles (l’épandage d’engrais et l’élevage étant en effet responsables de l’émission de 24% des gaz à effet de serre à l’échelle mondiale)[3].

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Ces gaz sont nécessaires au maintien d’une température vivable sur Terre, et leur concentration dans l’atmosphère varie naturellement d’une période géologique à une autre. Néanmoins, on constate une augmentation inquiétante de leur présence depuis la Révolution industrielle : depuis cette période, nos nouveaux modes de production et de consommation contribuent en effet au rejet de quantités toujours plus importantes de dioxyde de carbone, de méthane, ou encore de protoxyde d’azote. Cette modification de la composition de l’atmosphère a des conséquences déjà visibles sur le climat, la biodiversité, et l’installation humaine.

Si la montée des eaux liée à la fonte des glaces et la disparition de certaines portions de terres habitées sont des effets connus du réchauffement climatique, il importe également de diffuser les autres conséquences néfastes de ce dernier, comme les problèmes sanitaires posés par la fonte du permafrost[4] (libération de bactéries anciennes conservées dans la glace, que nos organismes n’ont encore jamais eu à affronter) ou encore la modification du cycle de l’eau.

Pour les entreprises : le virage RSE

Chez Les Mouettes Vertes, nous nous réjouissons des efforts collectifs réalisés pour mettre en avant les problématiques cruciales de la préservation d’un habitat hospitalier pour les générations à venir, aussi bien de la part des particuliers que des entreprises appartenant à la mouvance RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale de l’Entreprise). Cet ensemble de PME mais aussi de quelques grands groupes s’efforce de créer des produits dont l’impact environnemental et social est neutre, de manière à faire émerger une économie durable.

Il n’est pas toujours facile de tenir cette résolution quand le reste du monde va dans l’autre sens. Ainsi la grève pour le  aura-t-elle eu au moins comme bénéfice de montrer à ceux qui s’engagent dans leur vie quotidienne et dans leur métier pour le zéro déchet, ou encore la consommation biologique et locale, qu’ils ne sont pas seuls dans leurs efforts – espérons par ailleurs qu’elle constituera un tournant décisif dans la façon dont ces initiatives sont perçues !

Quant à nous, nous croyons fermement qu’il est possible de créer une filière du textile plus respectueuse de l’homme et de la nature, et ne ménagerons pas notre peine en la matière ! A ce titre, re-découvrez notre article sur le coton biologique, véritable engagement éco-responsable !

[1] L’Express, Climat : « plus de 350 000 participants » à la  « marche du siècle », selon les organisateurs, 16.03.2019

[2] GIEC, Changements climatiques 2013 : Les éléments scientifiques, 2013.

[3] Reporterre, Climat : l’agriculture est la source d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, 19/02/2015.

[4] Partie du sol aux extrêmes Sud et Nord de la planète qui est gelée en permanence.

  • Loulou dans la boue – Chapitre 2

Loulou dans la boue – Chapitre 2

Après trois semaines passées auprès des chèvres dans le cadre de l’idyllique ferme de Bouniols, notre Louise s’essaye au woofing dans la région de Carbonne, à la ferme de Beauregard. Autre domaine, autre ambiance : découvrez les nouvelles aventures de Loulou dans la boue ! Pour rappel, vous pouvez également relire le chapitre 1 de Loulou dans la boue ici !

Chapitre 2. La ferme de Beauregard

Nouveau départ !

Après une escale à Toulouse pour recharger mes batteries (douche de 25 minutes et énorme burger pas du tout écologique à la clé), j’ai pris la direction de Carbonne pour rejoindre la Ferme de Beauregard, un domaine de 7 hectares situé près de Montbrun-Bocage (doux hameau de 500 habitants).

Je dors chez Jean-François et Annelyse Boniface, dans la maison principale. Jean-François a acheté le terrain avec des bâtiments en ruines en 1978, et a tout reconstruit grâce à ses compétences en menuiserie – et beaucoup de débrouillardise. Annelyse est institutrice à Montbrun-Bocage, et ensemble ils ont eu plusieurs enfants, tous déjà partis du nid familial. Première grosse différence avec Bouniols, il n’y a que des adultes à Beauregard ! Enfin non, la première grosse différence, c’est que les toilettes et la douche sont à l’intérieur de la maison principale et à deux pas de ma chambre. Et ça, c’est sympa.https://www.lesmouettesvertes.fr/wp-content/uploads/2019/03/famille_ferme_beauregard_couple.jpgValentin et Lolita, voisins des Boniface, sont arrivés ici par le woofing il y a un an et demi et ne sont pas repartis. À 27 et 30 ans, ils se lancent tout juste dans une activité maraîchère sur un hectare que Jean-François leur prête, en échange de quelques légumes pour la maison.

Kim, 38 ans, loue également une maison sur le terrain, depuis bientôt 5 ans. Elle est sage-femme pour Médecins Sans Frontières et souvent en déplacement, mais elle participe aux activités de maraîchage et à l’entretien des animaux entre deux missions. Sa maison paraît tout droit sortie d’un épisode de La Petite Maison dans la Prairie, avec sa toiture pentue, sa petite clôture, et sa cheminée qui fume !

En contrebas du vaste jardin des Boniface, dans une yourte, vivent également Lisa et son chien. Elle est arrivée ici par son activité d’épicerie bio ambulante, et a eu un coup de cœur pour le domaine ainsi que pour Jean-François et Annelyse. J’avais des a priori sur le concept de la yourte, mais pour y avoir jeté un coup d’œil je dois admettre que ça a l’air hyper confo, et surtout que la lumière d’intérieur est superbe !

Enfin, je suis arrivée en même temps que Mees, un woofeur néerlandais de 18 ans qui parle parfaitement français. Nous nous partageons donc les tâches à la ferme !

Les activités de la ferme

Le travail à la ferme évolue constamment : les étapes de la préparation du sol pour les cultures ou de la construction de la maison avancent quotidiennement, et sont entrecoupées par l’entretien des animaux, la préparation des repas, ou des activités qui arrivent sur le tas. Je ne vois pas le temps passer parce que je le passe dehors – et sans doute aussi parce que je ne mets plus de montre depuis je me suis râpé l’avant-bras en transportant du petit bois. Comme si, par la force des choses, on m’obligeait à perdre mes repères…

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Comme le printemps arrive à grands pas, nous préparons avec Lolita et Valentin les cultures extérieures et sous serre, ce qui demande pas mal de travail : il faut préparer les semis, installer des tuteurs suspendus au plafond de la serre, désherber, mais également préparer la terre en traçant des sillons pour les cultures dans le jardin. Nous aurons des tomates et des petit-pois cet été à Beauregard !

Lolita s’est aussi mise d’accord avec Jean-Pierre, notre voisin éleveur de chèvres, pour récupérer deux litres par semaine de « bon » lait crémeux pour en faire du fromage. Comme les chèvres étaient en période de mise bas et que cela faisait 5 mois qu’elle n’avait pas eu de lait crémeux, Lolita a fait l’expérience insolite de faire du fromage avec du colostrum, c’est-à-dire le lait sécrété par tous les mammifères (l’Homme inclus) dans les jours suivant l’accouchement. Il a la particularité d’être très chargé en protéines mais aussi en immunoglobulines, qui permettent au nouveau-né de renforcer son système immunitaire dès les premières tétées, qui lui sont vitales. Lolita, trop impatiente de refaire du fromage maison, avait demandé à Jean-Pierre de lui mettre de côté un peu du surplus de colostrum après les mises bas. Eh bien, le résultat est ignoble ! Ça a un goût de fromage blanc fermenté depuis dix ans. De plus, ce lait n’a pas les mêmes propriétés que le lait de traite habituel, donc le fromage obtenu n’a ni la texture ni l’odeur qui convient. Et psychologiquement, je ne me sens pas légitime de consommer ce lait qui n’est normalement destiné à personne d’autre qu’au nouveau-né.

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Les voisins, ça sert aussi à partager les bons plans… Jean-Pierre a réussi, par l’intermédiaire d’un ami éleveur, à mettre la main sur deux cochons de lait. Les cochons de lait (parce que oui, j’ai demandé) sont des cochonnets qui n’ont bu que le lait de leur mère, et dont la viande est particulièrement tendre. Les deux gorets en question pèsent 15 et 20 kilos, et je participe cette semaine à la préparation de la viande après leur abattage (éthique, rassurez-vous), en compagnie de Jean-Pierre et Jean-François. Je vous avoue que je ne faisais pas la fière : quoique les cochons soient morts, ma fibre empathie étant toujours bien présente, et surtout la vue de tout ce sang était très impressionnante, et l’odeur assez insoutenable. Mais à côté de cela, j’ai beaucoup appris, et notamment qu’il faut raser les cochons avant de les découper : imaginez-vous en train de raser un goret au rasoir jetable ! C’était quelque chose.

Les animaux de Beauregard

En dehors des deux cochons abattus chaque année en hiver, la ferme abrite un mouton, deux brebis et deux agneaux pour faire du fromage. Moi qui pensais retrouver un semblant de chèvre dans la brebis, il se trouve que c’est un animal beaucoup plus craintif et bien moins énergique ! Autres animaux de Beauregard pas très attachants (et tant mieux, car ils ne restent jamais très longtemps) : quatre canards et deux canes qui se promènent en liberté, et qui sont mangés au moment voulu.

Il y a quelques jours, une des canes a donné naissance à dix petits canetons qui sont en pleine forme ! Ils se déhanchent en suivant leur mère dans ses moindres mouvements, en permanence. Dix petits clones à retardement. Ça caquette bien, dans la mare des canards. Je n’ai pas encore réussi à m’approcher très près, car à l’évidence l’instinct maternel est très confirmé et carrément agressif chez les colverts…

À Beauregard se trouve aussi un poulailler, qui malheureusement a été ravagé juste avant mon arrivée. Des quinze poules qu’il abritait, il ne reste plus que quatre survivantes. Un renard a commencé à décimer l’effectif en venant chercher ses proies une par une toutes les nuits pendant une semaine. Et une fois le trou dans la clôture colmaté par Jean-François, une martre est venue faire un massacre en un seul passage. La martre a la particularité de ne pas manger les poules, mais de les décapiter ; Annelyse a ouvert la volière un matin et a trouvé les poules immobiles, la tête pendante… Vision d’horreur. Mais la bonne nouvelle, c’est que cette semaine je suis allée chercher les sept nouvelles poules achetées à un éleveur du coin, qui se débarrasse de ses poules pondeuses.

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J’ai eu la confirmation qu’animaux et transport ne font pas bon ménage, car nous sentions les poules traumatisées d’être mises en cage et, alors qu’elles gloussaient joyeusement lorsque nous les avons récupérées, il régnait un silence de mort à l’arrière du camion pendant le trajet du retour…

Le Marché de la Pleine Lune

À Bouniols déjà, Malaurie et Murielle étaient équipées d’un calendrier lunaire de jardinage pour savoir quand planter quoi :  semer ses tomates en lune montante, planter ses rosiers en jour-fleurs (quand la Lune passe devant la constellation Balance, Gémeaux et Verseau), tailler les lilas en lune descendante… Malgré ce qu’on nous apprend sur la lune et les marées à l’école, j’avais oublié l’influence que cet astre a sur la terre et donc aussi sur les cultures !

Il n’y a bien évidemment pas de miracle, et les bienfaits de la lune n’arrivent que si le travail de la terre est rigoureux et surtout dénué de pesticides, si les cultures sont bien associées entre elles, et si on laisse bien le sol se régénérer.

Toujours est-il que pour certains agriculteurs en bio, la lune est un élément important du métier et pour d’autres, comme Monique, elle donne l’occasion de faire la fête. Monique est la « sorcière » du coin. Oui, vous avez bien lu… Sa connaissance livresque des plantes sauvages et de formes traditionnelles de la médecine lui vaut malgré elle ce surnom. Elle organise le Marché de la Pleine Lune chaque mois, ce qui donne l’occasion aux gens du coin intéressés de bénéficier d’une visite guidée de son jardin sauvage.

J’ai appris à cette occasion que le corps humain est aussi influencé par la position de la lune, et que se faire couper les cheveux un soir de pleine lune les fait repousser plus vite et plus épais. À essayer chez vous ! Quant au tour du jardin, c’était magique : on goûte ce qu’on trouve, des pissenlits, de la petite oseille, du plantain, des violettes… Je me retrouve à cueillir et goûter des pousses que j’imagine avec une vinaigrette, alors qu’une heure avant je leur aurais marché dessus sans me poser de question. J’apprends aussi à cueillir des orties sans me piquer (après quelques loupés néanmoins, et je vous assure que ça fait mal). C’est bourré de fer et très bon pour les femmes en période de règles. Il y aussi le tamier, plus communément appelé « Herbe aux femmes battues », dont la pousse est frottée à même la peau pour faire disparaître les bleus et dont la tige est comestible, ou encore la bardane qui fait un très bon onguent pour la peau. Les informations affluent et je ne retiens pas tout, mais je passe une heure accroupie à observer pour repérer, cueillir et goûter. La dernière plante que je goûte est délicieuse, quand on commence à la mâcher elle n’a pas beaucoup de goût, puis en fin de mastication ça s’apparente à du wasabi assez puissant : c’est de la passerage.

Emballées par ce qu’on avait appris avec Lolita, on a fait une cueillette le lendemain matin : pâquerettes qu’elle fera tremper dans l’huile pour en faire de l’arnica, et des pervenches qui trempées dans l’eau-de-vie font un très bon vin. Enfin, on a cueilli quelques têtes de pissenlits qui, trempées dans de l’eau et du sel (lacto-fermentation), feront de très bonnes câpres en salade !

Je suis bonne pour repartir de zéro en matière d’alimentation à mon retour chez moi…

La suite au prochain épisode de « Loulou dans la boue » !

  • Sacs écologiques : quelles options s’offrent à vous ?

Sacs écologiques : quelles options s’offrent à vous ?

En ce début d’année 2019, pourquoi ne pas prendre la résolution de vous procurer un sac écologique, alternative au sac plastique, pour faire vos courses et transporter vos affaires ? Peu coûteux, réutilisable et plus esthétique que le plastique, le cabas écologique vous permettra d’allier engagement citoyen et style… tout en vous évitant de débourser inutilement quelques centimes pour acheter un sac à usage unique à chaque passage en caisse.

Voilà une résolution en théorie assez facile à tenir. Chez Les Mouettes Vertes, c’est même de cette simple idée que sont nées notre démarche et notre entreprise : proposer des cabas et sacs vrac pratiques, résistants, et écologiques, de manière à faciliter votre quotidien tout en protégeant notre jolie planète.

Mais c’est là que les ennuis commencent. Comment mesurer l’impact écologique d’un sac de course par rapport à un autre ? Est-ce vraiment faire un geste responsable que d’acheter ce cabas réutilisable en polyester ? Peut-être pas, mais comment justifier le prix plus élevé de cet autre cabas en coton pour un usage strictement identique ? Et surtout, est-il vraiment nécessaire d’entamer une telle démarche, alors même que certains sacs plastiques sont présentés comme recyclables, voire compostables ?

Pas de panique : nous tenterons dans cet article de vous éclairer sur les options qui s’offrent à vous, en faisant un tour d’horizon des sacs écologiques sur le marché et en repérant ceux qui ont un véritable impact sur votre façon de consommer.

Premier constat : trop de plastique

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Les plastiques conventionnels

Grande innovation industrielle du siècle dernier, le plastique apparaît, sous de multiples formes, de manière récurrente dans la vie quotidienne. Sa polyvalence en a fait un matériau incontournable de conditionnement, depuis les produits de beauté jusqu’à l’alimentation, en passant par les meubles, les transports, et même nos vêtements et bijoux. Mais les avantages liés à son utilisation cachent de nombreux défauts de long-terme. Car si le plastique s’avère très utile notamment en tant qu’emballage ou contenant, en revanche son recyclage reste difficile à mettre en œuvre et constitue un véritable enjeu environnemental et sanitaire.

La stabilité des matières plastiques, garante de leur efficacité lorsqu’il s’agit par exemple de la conservation des aliments dans des contenants étanches, constitue un des aspects du problème. Lent à se dégrader, le plastique subsiste en effet jusqu’à plusieurs centaines d’années dans sa forme originelle et représente un véritable danger pour les écosystèmes dans lesquels il est rejeté. C’est par exemple le cas pour les milieux marins, qui recueillent chaque année jusqu’à 8 millions de tonnes de plastique non traité[1]. Sacs plastiques, cotons-tiges, bouteilles d’eau et autres déchets sont ainsi ingérés par la faune marine, contribuant à décimer certains de ses représentants les plus rares : tortues ou oiseaux marins prennent ainsi souvent les déchets plastiques pour des proies, et meurent intoxiqués ou étouffés.

Par ailleurs, la dégradation du plastique, quand elle finit par survenir, n’améliore en aucun cas la situation. En effet, le plastique a la particularité de ne pas être assimilable par des micro-organismes, mais de se déliter en particules de plus en plus fines. Ingérées par la faune et notamment les poissons dont l’homme est friand, ces particules pénètrent ainsi dans la chaîne alimentaire et se logent dans nos propres tissus. Toxiques à forte dose, et rattachées à la longue liste des perturbateurs endocriniens, elles nuisent ainsi à notre santé comme à celle des autres espèces.

À ce titre, réduire notre consommation de plastique paraît essentiel et demande une plus grande vigilance de notre part : le plastique n’est en effet pas repérable immédiatement dans tous ses usages. La présence de microbilles de plastique est par exemple monnaie courante dans certains produits cosmétiques, comme les gommages pour la peau, et on retrouve le plastique sous des formes dérivées dans de nombreux gels douche ou dentifrices[2] : c’est en effet lui qui assure l’onctuosité de ces produits. En ce qui concerne le textile, les fibres synthétiques comme le polyester[3] et ses dérivés ou encore l’acrylique sont des formes de plastique, et si elles ont l’avantage de la résistance et de la souplesse, en revanche elles ne constituent en aucun cas une solution durable dès lors qu’elles sont utilisées dans le cadre de la fast fashion : les vêtements sont en effet jetés avant même d’être usés. Enfin, leur recyclage est coûteux et encore peu pratiqué[4], surtout dans le cas de textiles composés à la fois de fibres synthétiques et naturelles, qu’il faudrait séparer afin de les traiter différemment.

Dans cette perspective, l’achat d’un cabas en polyester, en polypropylène (matière utilisée par la majorité des marques de luxe accessible, qui rappelle un peu la feutrine) ou en acrylique n’est pas une véritable alternative écologique. De plus, l’immense majorité de ces modèles de cabas sont colorés grâce à des bains de teintures non naturelles et participent en plus à la pollution des sols et des eaux. Mieux vaut donc s’orienter vers des cabas et fibres naturelles, à condition qu’ils aient obtenus les labels prouvant leur innocuité pour l’environnement et la santé.

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Le cas des bioplastiques

Pour pallier les difficultés liées aux plastiques conventionnels, ont été développées de nouvelles formes de plastique dites « biosourcées » ou « biodégradables », censées atténuer l’impact environnemental des sacs et emballages employés dans la grande distribution. À ce titre, est-il vraiment nécessaire de se tourner vers les fibres naturelles, et d’interdire le plastique à usage unique ?

En réalité, ces produits ne constituent pas une alternative viable en matière d’éco-responsabilité. En effet, derrière les appellations alléchantes citées plus haut, se cachent des matériaux dont le caractère naturel ou biodégradable reste très limité, et qui introduisent même de nouveaux biais de complexité dans le traitement des plastiques en fin de vie. À noter notamment que le terme « biodégradable » n’a fait l’objet d’aucune réglementation stricte pour les produits autres que les emballages : il peut donc tout à fait être utilisé de manière abusive par les producteurs de matériaux plastiques adeptes du greenwashing.

Les plastiques biosourcés[5] sont des plastiques dont les matières premières sont entièrement ou en partie renouvelables, c’est-à-dire non pétrochimiques. Elles peuvent être végétales, animales, résiduelles ou encore algales. Néanmoins, la part de matières renouvelables dans les plastiques biosourcés n’est à ce jour réglementée par aucun texte : ces derniers peuvent ainsi être composés en partie de plastique conventionnel. Ils ne sont pas systématiquement biodégradables, et leur recyclage est difficile à mettre en œuvre car ils sont difficiles à différencier des autres plastiques dès lors que l’on tente de les trier : ils sont donc en majorité enfouis ou incinérés. Enfin, leur bilan environnemental est mal connu, car leurs propriétés méthanogènes, leur recyclabilité comme leur caractère biodégradable ou non restent à déterminer. En résumé, c’est une filière opaque, dont les coûts de production et de retraitement sont encore trop élevés pour en faire une alternative intéressante, sans compter que sa dimension « green » fait débat.

Quant aux plastiques biodégradables[6], même s’ils présentent des avantages, leur filière est encore loin d’être parfaitement structurée, et contrairement à ce que le terme « biodégradable » pourrait laisser penser, leur impact environnemental n’est pas nul. Pour mémoire, un matériau est dit biodégradable « s’il peut être décomposé sous l’action de micro-organismes (bactéries, champignons, algues…). Le résultat est la formation d’eau, de CO2 et/ou de méthane et éventuellement de sous-produits (résidus, nouvelle biomasse) non toxiques pour l’environnement », nous dit l’Ademe.

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Les plastiques biodégradables sont donc composés de polymères qui se décomposent sans nuire à l’environnement, que ces polymères soient d’origine naturelle ou pétrochimique. Néanmoins, ces plastiques sont également composés d’additifs et d’ingrédients plastifiants dont les effets de long-terme sur l’environnement sont particulièrement douteux. Par ailleurs, leur mode de dégradation est souvent long et complexe à mettre en œuvre techniquement, à condition évidemment qu’ils soient collectés et triés au préalable, ce qui est une difficulté supplémentaire.

Enfin, ces deux catégories de bioplastiques ne doivent pas être confondus avec les plastiques oxo-dégradables ou oxo-fragmentables, qui ne sont ni composés d’ingrédients naturels ou recyclés ni biodégradables, mais se délitent plus rapidement en particules tout aussi nocives que les plastiques ordinaires.

Le plastique, que ce soit sous ses formes les mieux connues ou dans le cadre de ses derniers développements technologiques, fait donc figure de vilain petit canard en matière d’éco-responsabilité : ses effets sont mal connus, son recyclage est limité, et la complexité de sa composition rend difficile une juste communication à l’égard des consommateurs. Par ailleurs, même dans le cadre d’un recyclage efficace, il est nécessaire de mêler au vieux plastique du plastique neuf pour obtenir des produits de qualité. L’utilisation même raisonnée du plastique ne peut donc mener qu’à l’augmentation de la présence de ce matériau dans les écosystèmes, avec les conséquences néfastes que l’on sait.

Splendeur et misères de la filière du papier

Sac papier-papier kraft-alternative-biodégradable

Après l’interdiction de la mise à disposition de sacs en plastique dans les commerces français en 2017, de nombreux supermarchés se sont donc tournés vers le sac en papier, aussi bien pour transporter fruits et légumes en vrac que le reste des courses. Le papier, issu de fibres naturelles et biodégradables, peut paraître une alternative durable au plastique. C’est néanmoins méconnaître les différentes étapes de transformation des fibres pour obtenir un papier lisse, homogène et prêt à l’emploi : l’industrie du papier a en effet également une face sombre.

Les fibres qui constituent la matière première du papier subissent de nombreuses opérations de transformation, depuis leur broyage jusqu’à la découpe du papier en feuilles de format standardisé. Les processus de production industrielle du papier consomment donc énormément d’énergie, mais également de ressources précieuses. En effet certaines de ces opérations, très gourmandes en eau, ont pour conséquence le rejet de solutions résiduaires qui doivent par la suite être épurées[7]. Il s’agit notamment de :

  • La mise en pâte. Lorsqu’il s’agit de papier recyclé, les fibres de carton et de papier utilisées comme matière première sont mises en suspension dans l’eau afin d’être reconditionnées en pâte de papier[8]. Elles subissent également, à cette étape de la production, un désencrage par ajout dans l’eau de solvants. À noter enfin que les encres elles-mêmes sont souvent très polluantes, et que certains déchets comme les agrafes, rubans ou couvertures plastiques se retrouvent alors dans les eaux à traiter. Dans le cas de la pâte de bois, les fibres de cellulose sont séparées les unes les autres sous l’action de produits chimiques très nocifs mélangés à de l’eau ou propulsés par de la vapeur[9]: il peut s’agir de soude caustique, de sulfates, ou encore de bisulfites.
  • Du blanchiment, première source de pollution dans le processus de production du papier. Selon le type de papier produit, on procède ensuite au blanchiment de la pâte de papier, par ajout d’autres produits chimiques qui délient les derniers adhésifs naturels présents dans les fibres : ce sont essentiellement des composés du chlore. Là encore, de grandes quantités d’eaux résiduaires sont rejetées.
  • Des techniques de séchage du papier. Elles ont pour conséquence le rejet sous forme de liquide ou de vapeur de l’eau contenue dans la pâte de papier, qui a été au cours des étapes précédentes chargée en ingrédients nocifs divers. De plus, cette étape représente une consommation d’énergie phénoménale. À titre de comparaison, la fabrication d’une tonne de papier nécessite l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’un ménage français en électricité.
  • Enfin, d’autres opérations comme la préparation du bois, la cuisson de la pâte et autres lavages et vidanges contaminent également l’eau utilisée.

Les eaux résiduaires de l’industrie du papier comptent ainsi parmi les plus polluants et les plus dangereux des effluents industriels. Elles ont pour caractéristiques la présence importante de polluants non solubles et indécantables, la présence de polluants solubles mais réfractaires aux procédés organiques de dégradation, et enfin un rythme de production effréné. Le blanchiment à lui seul représente par exemple de 20 à 40 mᶟ d’eau usée par tonne de pâte.

Pour tenter de limiter l’impact environnemental de ce secteur, de nouvelles techniques de blanchiment ont été mises au point, sous les labels ECF (Elemental Chlorine Free) et TCF (Totally Chlorine Free). Si la mention TCF indique que le papier a été traité sans utilisation de chlore ou de dérivés chloriques, en revanche la mention ECF n’indique qu’une légère amélioration par rapport aux procédés classiques. L’idéal est donc de se procurer du papier non blanchi… ce qui ne résout pas pour autant les problématiques liées aux autres étapes de production.

Notons enfin que le sac en papier, en dépit de ses avantages apparents, fait l’objet d’un taux de réutilisation moins important : on ne voit jamais un consommateur revenir en magasin avec le sac kraft qui lui servi à transporter ses légumes quelques jours auparavant. Vulnérable à l’humidité, moins solide que le plastique et souvent composé aussi d’autres matériaux moins aisément recyclables, le papier n’est pas suffisamment écologique ou pratique pour constituer une alternative durable au sac plastique.

Du côté des textiles : la culture du coton

La culture conventionnelle du coton

Sac coton-fleur de coton-coton conventionnel

Solide, polyvalent, joli et facilement recyclable, le cabas en coton apparaît comme un candidat sérieux au remplacement des sacs plastiques. Première fibre textile naturelle utilisée au monde, le coton représente une vaste filière industrielle et agricole, répartie essentiellement aux États-Unis et en Asie, notamment en Inde, en Chine, en Ouzbékistan et au Pakistan ; on trouve par ailleurs des exploitations de coton en Turquie, au Brésil, ou encore en Australie. Mais toutes ces exploitations se valent-elles ? Produisent-elles des fibres de qualité homogène, et surtout quel est l’impact de leurs méthodes de production sur l’environnement et la santé humaine ? Nous verrons que le cabas en coton, qui a pour lui sa qualité naturelle et son fort taux de réutilisation, n’est pas toujours une solution durable.

La culture intensive du coton, notamment dans des milieux où le climat n’est pas spécifiquement adapté aux besoins en eau des plants, nécessite la mise en œuvre d’une politique d’irrigation très importante et un apport constant en semences. En effet, quoi que le coton soit une espèce durable, elle est généralement semée et plantée chaque année, sur le modèle des cultures céréalières. Quel que soit le pays concerné, la culture conventionnelle du coton représente donc une consommation de ressources exigeante, et ce d’autant plus que les semences standardisées, moins adaptables à tel ou tel climat, nécessitent d’autant plus d’eau, d’engrais, et de pesticides.

L’ensemble du secteur du coton ne représente que 2 à 3% des terres cultivées, mais pour obtenir les rendements propres à satisfaire la demande, la culture conventionnelle du coton utilise jusqu’à 24% de la totalité des pesticides déversés sur les exploitations agricoles dans le monde[10]. Ces pesticides, le plus souvent dispersés par voie aérienne, ont une incidence directe sur la qualité des eaux et des sols à proximité des cultures, et sont charriés à la fois par les systèmes d’irrigation agricoles et les cours d’eau naturels. Ainsi rejetés jusqu’aux embouchures des fleuves, ils menacent le fragile équilibre des zones humides et sont d’autant plus difficiles à traiter que les filtres permettant de les retenir éliminent également les micro-organismes et minéraux présents naturellement dans l’eau[11]. Par ailleurs, le mode de dispersion des produits pesticides entraîne une diffusion parfois majoritaire de ces derniers dans l’atmosphère. Ils peuvent ainsi retomber par l’intermédiaire de la pluie après avoir parcouru de très longues distances, ce qui rend leur nocivité d’autant plus menaçante.

Si les effets aigus des pesticides sur la santé, et notamment auprès des cultivateurs de coton, sont relativement bien connus (réactions allergiques ou inflammatoires, affections cardio-respiratoires, etc.), en revanche les conséquences à long-terme de l’exposition du corps humains aux pesticides sont encore floues et difficiles à étudier. Un nombre croissant d’études scientifiques s’attachent néanmoins à décrire et quantifier ces conséquences, avec comme principales conclusions le rôle prépondérant des pesticides dans l’apparition de cancers, notamment de leucémies et de lymphomes, d’infirmités à la naissance, de troubles de la reproduction, d’effets neurotoxiques et d’effets perturbateurs endocriniens[12]. Dans la région du Penjab, où pousse la majeure partie du coton indien, de nombreux agriculteurs souffrent ainsi d’affections dont les pesticides sont une cause non négligeable, la presse étant allée jusqu’à parler de « cancer belt » pour désigner cette portion très cultivée du territoire indien[13].

Notons enfin que la nécessité de laver les fibres imbibées de pesticides conduit au rejet d’eaux résiduaires et contribue à faire doubler la consommation d’eau normalement nécessaire pour la production du coton. On trouve également, dans ces résidus, tous les produits servant à blanchir ou teindre le textile, avec comme conséquence la dévastation parfois irrémédiable des écosystèmes à proximité des usines, et l’appauvrissement progressif des terres cultivables. Le seul avantage réel du cabas en coton non bio serait donc lié à ses possibilités de réutilisation, sous sa forme originelle ou par le biais du recyclage des fibres.

L’essor des exploitations de coton biologique  

Néanmoins, l’impact écologique et sanitaire du coton conventionnel étant de mieux en mieux connu, fabricants et cultivateurs se tournent de plus en plus vers des fibres biologiques, répondant non seulement aux enjeux de préservation de la matière première par le biais de la fertilité des zones cultivées, mais également à une demande croissante de traçabilité de la filière exprimée par les consommateurs finaux.

coton bio-ferme de coton-coton biologique

Le coton biologique, plus résistant et plus respectueux de l’environnement comme de la santé des cultivateurs et des consommateurs, retiendra donc notre faveur par rapport au plastique, au papier, ou encore au coton non bio. La jeunesse de cette filière et l’attention portée à la qualité des produits finis pourra, il est vrai, faire de l’achat d’un cabas en coton bio un investissement plus important ; néanmoins, cette dépense est très rapidement rentabilisée et se justifie aussi par les possibilités qui se développent en matière de style et de design. Surtout en cette période faste ou le tote bag est à la dernière mode !

Pour mieux évaluer la fiabilité des différentes certifications du coton bio, vous pouvez également vous référer à notre dossier sur les labels utilisés par l’industrie textile, afin de vous assurer de la réalité de l’engagement social et environnemental de vos fournisseurs.

Les autres alternatives textiles biologiques

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La spécificité du climat sous lequel le coton pousse de manière optimale, la nécessité de diversifier les types de textile utilisés pour répondre aux demandes des clients ainsi que l’essor du « made in France » poussent également les entreprises à se tourner vers d’autres fibres textiles, dont les filières biologiques sont encore en phase de développement mais dont les perspectives d’avenir sont prometteuses.

Le lin biologique

Le lin, dont la culture exige une grande maîtrise technique et s’effectue sur des rotations assez longues (tous les 6 à 7 ans)[15], gagne peu à peu ses lettres de noblesse dans l’industrie textile moderne. Il a l’avantage de très bien préparer le sol pour d’autres cultures, de n’exiger que de faibles quantités d’eau et d’avoir un bilan carbone absolument positif. Cultivé essentiellement en France, en Belgique et aux Pays-Bas, il permet par ailleurs la constitution de filières locales de production textile – du moins en théorie, compte tenu de la prépondérance de la Chine dans les opérations de tissage et de teinture des fibres : c’est en effet en Chine qu’ont été délocalisés la plupart des peigneurs, filateurs, tisseurs et tricoteurs du lin. 70% des exportations en direction de la Chine sont originaires de France[16] : il y a donc encore du progrès à faire de ce point de vue ! De plus, le lin possède des propriétés thermorégulatrices, absorbantes et anti-allergiques connues depuis l’Antiquité, et s’avère aussi résistant et durable que le coton, ce qui en fait un matériau de choix pour fabriquer des vêtements ou des cabas.

Néanmoins, les cultivateurs de lin s’accordent à dire que cette culture est plus risquée et plus difficile à réaliser que celle du coton, dans la mesure où la longueur des cycles de rotation, la technicité des opérations de mise à nu de la fibre (le teillage) et enfin la complexité des moyens de lutte contre certains parasites entraînent de nombreuses incertitudes quant au rendement des exploitations[17]. C’est pourquoi le lin est en moyenne plus cher que les autres fibres textiles bio, et ne constitue qu’une solution marginale dès lors qu’il s’agit d’atteindre des volumes de production équivalents aux autres types de fibre. Notons enfin que les tissus en lin, aisément froissables, subissent souvent des traitements chimiques de finition, dont l’impact écologique est pour sa part non nul !

Les fibres de bambou

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le bambou est très rarement vendu sous sa forme de fibre naturelle. C’est le cas lorsque les fibres sont issues du liber (tissu végétal situé entre l’écorce et le bois) ou de parties séchées et découpées de la plante, auquel cas le produit est étiqueté « fibres de bambou ». Cette dénomination est un gage de qualité, par opposition à la mention « viscose de bambou », qui indique que les fibres ont été obtenues à partir de pulpe de bambou réduite en poudre puis reconditionnée à l’aide de solvants comme la soude caustique, le sulfate de soude, le disulfure de carbone, ou encore l’acide sulfurique, tous nocifs pour la santé humaine comme pour la nature environnante. Après un traitement aussi lourd, les propriétés naturelles du bambou, reconnu comme très résistant, antibactérien, anti-UV et désodorisant, ont par ailleurs disparu.
De nombreuses entreprises capitalisent sur l’attrait du bambou auprès des consommateurs et mettent en avant le caractère innovant et écologique des textiles ainsi conçus. En effet, le bambou pousse très vite, sans nécessiter l’ajout d’eau, d’engrais ou de pesticides, et constitue un facteur de développement très important pour les pays producteurs, notamment au Nigéria et en Éthiopie[18]. Néanmoins, l’essor de cette culture a des effets secondaires qu’il convient de prendre en compte avant tout achat : très invasif et souvent destructeur des écosystèmes en place, le bambou peut avoir un impact environnemental très négatif, et ce d’autant plus qu’il est souvent planté sur des zones massivement déforestées pour pouvoir répondre à une demande croissante. De plus, les plants de bambou sont arrachés et récoltés avant d’avoir atteint leur pleine maturité, ce qui empêche leurs racines de fixer la terre dans laquelle ils sont cultivés : cette méthode contribue donc à l’érosion et à l’appauvrissement des sols[19]. À l’heure actuelle, les textiles en fibre de bambou sont par ailleurs cruellement minoritaires : gare donc aux marques censément green qui se parent de leur aura pour vanter la dimension écologique de leurs produits !

Le lyocell

Commercialisé essentiellement par l’entreprise autrichienne Lenzing sous le nom de Tencel, le lyocell est un textile fabriqué à partir de pulpe de bois, entièrement biodégradable et recyclable. Les matières premières utilisées peuvent être le bambou, l’eucalyptus ou encore le hêtre, mais le lyocell en lui-même n’est pas une fibre naturelle : en effet, la pulpe de bois est transformée en fibre textile grâce à un solvant organique recyclable et non-toxique, le NNMO (monohydrate de N-oxyde de N-méthylmorpholine)[20].

Développé dans les années 1970, le lyocell est aujourd’hui surtout utilisé en remplacement de la viscose, dont il imite la douceur et la fluidité sans en avoir les inconvénients en matière d’impact environnemental. En effet, dans le cas de la viscose, la cellulose naturelle est traitée au moyen de produits très polluants, alors que pour la fabrication du lyocell le solvant utilisé n’est pas nocif, et est de toute façon récupéré de manière quasi intégrale pour être ensuite réutilisé. De plus, il serait possible d’en faire une filière plus locale, dans la mesure où les variétés de bois utilisées permettent de l’adapter aussi bien à l’Europe, qu’à l’Afrique ou à l’Asie.

En matière de gestion des ressources, les forêts dont proviennent la pulpe de bois destinée à la production de lyocell sont généralement labellisées FSC (Forest Steward Council) ou PEFC (Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières)[21]. Néanmoins, certaines cultures comme le bambou sont encore gérées de manière peu durable, ce qui doit être pris en compte. De plus, ces labels comportent, comme les labels bio, différents niveaux d’exigence[22] : il convient donc de vérifier la part de matériaux effectivement issus de forêts durablement gérées, ou de filières de recyclage.

Notons par ailleurs que le procédé de transformation de la pulpe en fibre requiert énormément d’énergie, et que la qualité biodégradable du lyocell a également un impact sur la durabilité des vêtements ou cabas façonnés dans cette matière : la fibre est en effet sensible à l’eau, a tendance à se froisser et à fibriller lorsqu’elle est mouillée, et en l’état actuel des processus de production, le traitement de ces légers défauts nécessiterait l’ajout de produits de finition plus nocifs.

Le chanvre et le jute reviennent à la charge

Considérés comme peu nobles en raison de leur historique de fabrication de sacs agricoles, le chanvre et le jute ont été mis de côté par l’industrie du vêtement et de l’accessoire pendant de nombreuses années. Néanmoins, leur résistance et leur prédisposition pour la culture biologique les ont remis en vogue, et ils sont désormais employés dans la fabrication non seulement de sacs et de tissus d’ameublement, mais également d’accessoires et de vêtements. Cultivés dans le cadre d’une rotation raisonnée des cultures, le jute comme le chanvre contribuent à la régénération des sols et à la meilleure santé des espèces cultivées avant ou après eux.

Le chanvre est une plante annuelle, très résistante à l’eau (y compris pendant les moussons), et qui connaît peu de parasites ou de maladies[23]. Si ses fibres sont transformées en textile au terme de plusieurs opérations de rouissage (séparation naturelle des fibres sous l’effet d’un champignon), de filage puis de tissage, les autres parties de la plante sont également exploitables, ce qui en fait une culture extrêmement rentable : les graines, une fois récoltées, servent en effet à produire de l’huile, tandis que la chèvenotte (la partie des fibres qui reste soudée au terme du rouissage) constitue un excellent matériau isolant. De plus, la période de rotation du chanvre est plus courte que celle du lin (3 ans contre 6 ou 7), et les deux plantes ont les mêmes vertus antibactériennes[24]. Notons enfin que le climat français lui convient parfaitement, ce qui laisse entrevoir des possibilités d’offre totalement « made in France ».

Le jute est la deuxième fibre naturelle la plus produite au monde, après le coton. Sa culture, très exigeante en main d’œuvre, nécessite peu d’engrais et de pesticides : c’est donc une espèce de choix pour les exploitations biologiques[25]. Les étapes de transformation sont les mêmes que pour le chanvre, avec une phase de récolte, de rouissage, puis de traitement des fibres pour en faire du textile. Néanmoins, le jute ne pousse que sous des climats tropicaux ou très humides, et à ce jour l’Inde, le Bangladesh et le Népal en sont donc les principaux producteurs, et le cultivent souvent en rotation avec le riz[26]. Totalement biodégradable et recyclable, la fibre de jute est appréciable par sa longueur, sa résistance et son effet brillant, ainsi que ses propriétés antistatiques et isolantes. Notons enfin que c’est une fibre très respirable, et donc agréable à porter. Quant au reste de la plante, on peut en user comme isolant, comme combustible ou encore la réduire en extraits entrant dans la composition de certains cosmétiques. Est-ce la solution parfaite pour autant ? Pas forcément, car en raison de la mollesse de ses fibres, le jute est souvent associé à un pelliculage plastique pour créer des sacs avec un minimum de tenue. Gare donc à la composition des cabas fabriqués avec cette matière.

Conclusion : et nous, dans tout cela ?

coton les mouettes vertes-coton biologique-ferme indienne

Chez Les Mouettes Vertes, le choix de se tourner vers un coton biologique de très haute qualité, durable et facilement recyclable, a été motivé par notre désir de proposer une alternative écologique et naturelle au plastique, tout en nous amusant avec les formes et les couleurs, pour vous proposer des sacs et accessoires qui allient éthique et style.

Si le textile, qu’il soit coton, chanvre, lin ou lyocell, paraît le meilleur candidat au remplacement du plastique et du papier, il est à noter que tous les textiles ne se valent pas et que la culture conventionnelle des plantes à fibre a un impact environnemental très lourd. Faire le choix du textile, c’est donc aussi se tourner vers des fibres biologiques, et vers des entreprises dont la politique en matière d’engagement social permet une plus juste répartition de la valeur créée.

Les Mouettes Vertes se sont donc tournées vers l’Inde pour trouver des fibres de coton bio cultivées et transformées dans le respect de tous les acteurs de cette filière. L’Inde a en effet l’avantage d’avoir un secteur du coton parfaitement structuré, transparent, et traçable. De plus, nous avions à cœur de préserver l’emploi là où il est le plus précaire : c’est pourquoi notre atelier de confection près de Mumbai prête la plus grande attention au bien-être de ses salariés, et les rémunère de manière digne, de manière à  faire grandir l’économie locale. Enfin, leur maîtrise et leur savoir-faire ancestraux nous permettent de proposer des produits dont les finitions sont impeccables !

Convaincus ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à faire un tour du côté de nos produits cabas & sacs vrac sur stock pour mettre en pratique vos bonnes résolutions !

Nos sources :

[1] Ellen MacArthur Foundation: The New Plastics Economy, 2016. 120p.
[2] Slow cosmétique : Pas de plastiques dans mes cosmétiques !, 2018.
[3] We Dress Fair, Le Blog : Le polyester, un textile synthétique, 2018.
[4] Resource Recycling, Report explores new ways to recycle polyester, 2017.
[5] Ademe, Les Plastiques biosourcés, 2013.
[6] Ademe, Les Plastiques biodégradables, 2016.
[7] Suez Water Handbook, Memento Degremont : Industries de la pâte à papier et papeteries, 2018.
[8] Le Papier.fr, Fabrication du papier, dernière consultation le 16.01.2019.
[9] CIFQ, Les 5 étapes de la fabrication du papier, dernière consultation le 16.01.2019.
[10] Planètoscope, La Production mondiale de coton, dernière consultation le 16.01.2019.
[11] Waterlogic, Comment enlever les pesticides de l’eau du robinet ?, dernière consultation le 16.01.2019.
[12] Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, Les Pesticides et la santé, 2007.
[13] Chitleen K Sethi & Navrajdeep Singh, How pesticides use have led to high cases of cancer in Punjab, Hindustan Times, 2015.
[14] Bénédicte Manier, Le Bio peut-il sauver les paysans indiens ?, L’Inde au fil des routes, 2017.
[15] Produire Bio, Le Lin textile biologique : une filière en développement, 2016.
[16] Comité d’expansion économique du département de Seine Maritime, La filière industrielle du lin en Seine Maritime, 2015.
[17] Le Lin côté nature, La culture de lin bio est exigeante, dernière consultation le 17.01.2019.
[18] We Dress Fair, Le Bambou, une fibre textile naturelle ?, 2018.
[19] Anne-Laure Dubois, Le bambou : solution écologique ou arnaque industrielle ?, Eco-Sapiens, dernière consultation le 17.01.2019.
[20] We Dress Fair, Le Tencel, un textile pour la mode éthique ?, 2018, et BIGANSKA, Olga, Étude physico-chimique des solutions de cellulose dans la N-Méthylmorpholine-N-Oxyde, 2002.
[21] PEFC France, Que savez-vous de PEFC ?, 2018.
[22] FSC, Le FSC : trois possibilités, dernière consultation le 17.01.2019.
[23] Bajura, Le Chanvre, fibre des plus écologique et résistante au monde, 2018.
[24] Bio Actualités, Chanvre : possibilités de culture et d’utilisation, 2018.
[25] Natural Fibres 2009, Les Fibres naturelles, dernière consultation le 18.01.2019.
[26] FAO, Fibres du futur, dernière consultation le 18.01.2019.

  • Loulou dans la boue – Chapitre 1

Loulou dans la boue – Chapitre 1

Découvrez les aventures de l’intrépide Louise, ancienne stagiaire des Mouettes Vertes, dans sa folle équipée pour l’année 2019. Woofing, mode de vie éco-responsable, découvertes et bonne humeur sont les ingrédients magiques de chaque épisode de la série « Loulou dans la boue ».

Le premier chapitre de cette histoire pas comme les autres se passe à la ferme des Bouniols, dans l’Aveyron, où Louise découvre les joies de l’autarcie et de l’agriculture en famille. Nous n’en disons pas plus, et vous laissons vous plonger vous aussi dans cette formidable odyssée rurale, mais moderne !

Chapitre 1. La ferme des Bouniols

Les hôtes de Bouniols : la famille James. 

La famille qui m’accueille est recomposée et nombreuse !

famille_nombreuse_ferme_visuel-01Il y a d’abord Marie-Claude, la grand-mère de 70 ans, qui habite ici depuis au moins 50 ans. Elle fume roulée sur roulée et a toujours une tasse d’un mélange de café et de chicorée à la main. Elle est adorable et passe le plus clair de son temps à l’intérieur où elle gère l’intendance et les enfants (devoirs & co) quand ils sont là.

Ensuite vient sa fille Murielle, 43 ans, qui est sourde de naissance. Malgré ce handicap, Murielle lit très bien sur les lèvres et arrive à communiquer, il faut juste faire attention à des détails auxquels on ne pense pas entre « bien-entendants » : lui faire un signe quand on est dans son champ de vision avant de faire une phrase, et trier les mots qu’on utilise pour qu’elle ne galère pas à déchiffrer nos lèvres : ça apprend à aller droit au but. Les enfants communiquent avec elle sans faire de bruit, ce qui est assez magique. Murielle a eu Jayan, 20 ans, et Lila, 17 ans, de pères différents. Puis Clément est entré dans sa vie et ensemble ils ont eu Yanis (11 ans), Neeno (10 ans), et Anita (6 ans). Clément est mon « mentor » ici. Malaurie, la petite amie de Jayan, a également rejoint la smala il y a deux ans. Elle vient des Yvelines, et sa présence était assez rassurante les premiers jours, parce que j’avais du mal à m’identifier à cette tribu qui vit carrément différemment de ce à quoi je suis habituée.

En arrivant, j’ai été frappée (et le premier soir j’ai carrément eu peur de ne pas tenir le coup) par le mode de vie ici. La famille ne se lave qu’une fois par semaine, le dimanche soir. Les toilettes, grand bémol du début de séjour, sont au milieu de la cour, et il s’agit d’une petite cabane en bois (les « murs » qui séparent de l’extérieur arrivent à hauteur de la hanche donc quand t’es debout et que quelqu’un passe dans la cour tu peux taper la discut’) avec un trou dans le plancher qui donne sur une bassine. Je vous passe l’image de ce qu’il y a dans la bassine, sur laquelle on saupoudre de la sciure de bois mélangée à de la cendre quand on a fait ce qu’il y avait à faire). Son contenu est mis au compost, et au bout de 6 mois cela sert d’engrais pour les cultures. Avec les normes d’hygiène qu’on suit lorsqu’on habite en ville, j’ai aussi été chamboulée par ce que je percevais comme de la crasse en arrivant : c’est le bordel dans toutes les pièces de la maison et ça m’a valu de péter une carafe puis un verre qui traînaient à des endroits incongrus…

Les premiers jours j’ai somatisé et n’ai pas utilisé les toilettes, puis finalement on s’y fait – je suis là 3 semaines quand même, fallait sauter le pas. Et pour la douche j’ai immédiatement dit à Clément que pour moi ça serait tous les soirs, même si à l’eau froide parce que du coup la chaudière pour la salle de bain n’est activée que le dimanche soir. Il m’a un peu jugée mais bon, faut pas déconner.

Dans l’ensemble les James vivent une vie 100% « zéro déchet ». Tout a une utilité, rien n’est perdu, et les animaux sont aussi présents pour ça.

Les activités de la ferme

L’activité principale est le fromage de chèvres, mais il se trouve que je débarque à la période où les chèvres mettent bas. La gestation commence en Octobre et dure 5 mois.  À la naissance, on sépare les mères des petits et en Mars commence la traite puis l’activité fromagère. La première mise-bas a eu lieu hier, juste avant la promenade quotidienne – j’emmène les chèvres paître trois heures dans les collines lorsqu’il fait beau – malheureusement, un des jumeaux était mort-né et le second n’a pas passé la nuit. Apparemment ils sont nés trop tôt. Je ne vous dis pas mon état en découvrant les cadavres deux fois de suite, que Clément a balancés sur le fumier.

J’étais un peu déçue de ne pas pouvoir faire de fromage, mais vu ce que j’endure déjà physiquement je suis presque reconnaissante de ne pas arriver au bon moment. Et puis ça me permet de mieux connaître l’animal, qui demande pas mal d’entretien !

Tous les jours, je vais à la chèvrerie dès 7h30 pour leur donner le foin, puis reviens 3/4 d’heure après pour leur donner leur repas « chaud » : de l’orge (produit ici) mélangé à de l’eau chaude, dont elles raffolent. Idem aux alentours de 18h. C’est un joyeux bordel à l’heure des repas ! Je ne connaissais pas du tout cet animal qui est joueur, câlin, et surtout docile (j’avais super peur de me prendre un coup de sabot d’entrée de jeu). Hyper attachant, et c’est intéressant d’observer les relations dans le troupeau, qui est composé d’une quarantaine de têtes avec un caractère propre à chacune. J’aimerais bien que l’une d’entre elles mette bas rapidement pour que je puisse voir un chevreau faire ses premiers pas et m’en occuper, mais elles tardent à s’y mettre cette année ! Ça a l’avantage de me motiver à me réveiller le matin, car j’espère tous les jours tomber sur un nouveau-né en allant leur donner le foin.

chevrerie_ferme_foin_bougniols_woofing

À côté des chèvres se trouve l’enclos des boucs, qui ne servent à rien si ce n’est monter les chèvres une fois par an lorsqu’elles sont en chaleur. Ils ne restent que deux ans pour éviter la consanguinité dans le troupeau. Le bouc sent son urine (comme ça, pour le kiff) donc généralement en a le museau recouvert : j’évite de les câliner, eux. Sans compter qu’un des deux boucs a voulu « jouer » avec moi la première fois que je suis entrée dans l’enclos seule pour récupérer sa gamelle, et ça a failli me coûter une épaule parce que j’ai tenté de le maîtriser en lui chopant les cornes. Réflexe stupide, parce que c’est de là dont vient toute la force d’un bouc. Pour les intéressés, il faut le choper par la barbiche pour l’immobiliser… Je ne l’ai pas encore tenté, et ai mis au point une technique de sioux pour récupérer les gamelles pépère.

Dans la chèvrerie se trouvent aussi deux ânesses et un ânon qui ne sont là que pour manger le « refus » des chèvres : le foin qu’elles ne mangent pas. On les a sortis deux fois depuis que je suis ici, ils restent généralement trois jours dehors. Avec eux en revanche, je me méfie, parce que tu ne sais jamais ce qui se passe dans la tête d’un âne.  Quand il est excité au moment de la sortie, l’ânon devient joueur et saute partout, il peut juste te filer un coup de sabot dans le tibia pour rigoler. No, thank you !

Il y a aussi un poulailler peuplé d’une trentaine de poules et de coqs, qui fournissent la ferme en œufs frais : c’est un bonheur d’aller chercher ce qui se trouve dans les pondoirs tous les jours. Un des coqs a un sacré caractère, mais je ne me suis pas encore fait attaquer la jambe donc ça va, et surtout c’est Malaurie qui se charge du poulailler donc je n’y vais pas très souvent : je gère plutôt les chèvres pour délester Clément.

poulailler_ferme_coq_bougniols_woofingLa famille est propriétaire de 30 hectares, dont 15 cultivables, ce qui n’est pas énorme dans le milieu agricole. La majorité du terrain est mobilisée pour le foin et la paille qui servent aux animaux. Il y a des cultures en plein air, mais aussi dans un « tunnel » d’une longueur de 30 mètres à peu près, sorte de serre sous plastique qui permet de protéger les cultures du vent et de faire gagner quelques degrés au sol. Enfin, il existe une serre vitrée dans laquelle il fait très bon. La famille fait pousser des endives, des épinards, des choux-fleurs, des choux, de la salade, des poireaux, des oignons, de l’ail, des artichauts, des pommes-de-terre, des topinambours… et j’en passe.

Ce qui est produit sur le terrain est surtout consommé par la famille, qui vit en quasi autonomie. Ce qui n’est pas consommé pendant la saison est mis dans des bocaux qui sont conservés et consommés plus tard, pour que l’alimentation reste variée tout au long de l’année. Ils font aussi beaucoup de confitures donc le petit-déj est un véritable bonheur, d’autant qu’il a lieu après que j’ai donné du foin aux biquettes. Je ne pensais pas que manier la fourche serait aussi physique !

À quoi ressemblent mes journées ?

Les jours ici ne se ressemblent jamais et c’est un vrai bonheur, j’en perds la notion du temps. En dehors de l’entretien des chèvres, mes activités dépendent de ce qu’il y a à faire dans la ferme. On en discute au moment du petit-déjeuner : c’est très informel et agréable comme manière de faire. Je n’ai encore jamais grimacé en apprenant ce que j’allais fabriquer, bien que certaines activités soient loin d’être glamour…

Entre autres, j’ai débroussaillé la haie sur le plateau durant quatre matinées au total (contente de terminer, j’ai failli verser une larme sur le dernier arbuste désherbé : ça m’aura coûté un avant-bras, mes chevilles, 3 vertèbres et mes genoux), contribué à la base de la table chauffante en construction dans la serre, enlevé les germes de toute la récolte de pommes de terres pour qu’elles gardent un bon apport en eau, j’ai « paillé » (recouvert de pailles) entre les lignes d’une culture de fèves pour que la terre préserve sa richesse et sa chaleur, désherbé la rhubarbe (des heures accroupie dans la terre pour enlever la moindre racine enterrée, heureusement je n’étais pas seule : le temps passe plus vite quand on discute!), repeint la remorque qui sert à transporter et exposer les fromages au marché en « haute » saison, j’ai nettoyé le poulailler – enlevé toute les excréments des poules pour emmener le tout dans la serre, on parle de six brouettes bien lourdes –, et plus récemment nous installons un « drain » qui alimentera la maison en eau, et un système électrique plus moderne dont Jayan, 20 ans, gère l’intégralité.

Il y a aussi des instants de répit, car si Clément est hyperactif, il ne manque pas non plus d’empathie – et je le soupçonne parfois de vouloir me préserver mais ça, je ne veux pas trop me l’avouer. Après le déjeuner que nous prenons assez tardivement (13h30, alors qu’on est debout depuis 7h20, je meurs de faim quand je passe à table), on se boit une petite tasse de café au soleil sur la terrasse, avec nos bouquins, face à la vue. C’est divin, et juste après je pars avec les chèvres et j’ai des heures de calme et de tranquillité dans les collines aveyronnaises. S’ajoute à cela le fait que depuis que je suis arrivée, il fait grand soleil et la température est très douce. La vie est plutôt (très) belle.

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Qu’est-ce qu’on mange, à Bouniols ?

Les repas sont constitués en grande majorité de produits de la ferme et les tablées sont nombreuses. La préparation réclame donc… beaucoup de temps ! Il faut y consacrer au minimum deux heures, ce qui doit vous sembler énorme. Clément m’avait prévenue quand je l’avais eu au téléphone avant de partir et je m’étais dit : « Non mais deux heures en cuisine, c’est mort, je ne fais pas du woofing pour ça », mais quand on vit ici et qu’on suit les étapes de préparation des repas, on réalise que c’est naturel, agréable, instructif et surtout gratifiant d’y consacrer autant de temps. Quand on déterre des poireaux et des carottes à côté de la maison, qu’on les nettoie, qu’on les prépare et qu’on les mange quelques heures après, c’est assez magique.

Certains produits ne sont pas cultivés à la ferme, et sont achetés (100% bio) à l’extérieur, mais c’est restreint car même les pâtes sont faites maison. J’ai voulu apprendre par curiosité, et aussi parce que – ça, je l’avoue –  j’avais mal au dos après avoir fait 6 allers-retours du poulailler à la serre, et je voulais me « reposer » vers 11h30. Grave erreur, c’est hyper physique de faire des pâtes (encore plus quand c’est pour 10 personnes) : j’ai frôlé la rechute de crampe à l’épaule. Je ne me suis jamais sentie aussi faiblarde qu’après avoir rendue la pâte parfaitement homogène en mélangeant 1,2 kg de farine et 14 œufs (fraîchement ramassés par Malaurie).

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Puis il a fallu couper la pâte en morceaux, qu’on a passés à plusieurs reprises et dans plusieurs machines manuelles pour en faire des spaghettis. Lorsque la pâte reposait enfin, j’ai enchaîné la séance « repos » avec un kilo d’emmental à râper à la manivelle. Il n’empêche que je n’ai jamais été aussi fière d’un repas auquel j’ai consacré une heure et demie physique et intense, mais je m’étais tellement gavée de morceaux de fromage pendant la râpe que je n’avais même plus faim. Je m’en suis voulu.

Vous aurez compris que je ne meurs pas de faim, au contraire… Je pense que je mange deux fois plus qu’à Paris parce que tout ce travail, ça creuse.

Et leurs déchets ?

Ici, rien ne se perd, tout se transforme ! 98% des déchets organiques partent dans une bassine sous l’évier – là où se trouverait notre poubelle – puis finissent dans le ventre des poules (tous les deux jours), qui les mangent tels quels, sauf les pelures de pommes de terre qu’il faut faire cuire avant de leur distribuer. Les coquilles d’œufs leur sont aussi redistribuées ! J’ai trouvé ça à la limite du cannibalisme quand Malaurie me l’a dit, mais en fait les coquilles sont broyées et ajoutées à leur ration alimentaire quotidienne. Bizarrement logique, cela renforce la coquille des œufs qu’elles s’apprêtent à pondre. Ça leur arrive aussi d’y ajouter les coques d’huîtres ou autres fruits de mer, mais c’est moins régulier puisqu’ils n’en mangent pas tous les quatre matins.

Les pelures de carottes et de pommes vont aux chèvres qui en raffolent, il faut que je les attache à la mangeoire avant de leur distribuer tellement elles sont surexcitées.

Morale de l’histoire : si vous avez la flemme de faire un compost en ville, achetez-vous une poule ; et une fois qu’elle est obèse, mangez-la !

Une infime partie des déchets alimentaires qui ne va ni chez les poules ni chez les chèvres (café moulu, par exemple) vont dans le tiroir sous le four à pain, qui une fois activé le vendredi réduit tout ça en cendres, utilisées pour les toilettes sèches. Petit rappel : le contenu de la bassine des toilettes est ensuite utilisé en compost – après 6 mois minimum de macération. Les excréments des poules et des ânes sont utilisés en engrais pour les plantations. Ceux des chèvres, des boucs et des ânes rejoignent le tas de fumier qui est utilisé pour les hectares de blé et de foin.

Les cendres de la cheminée sont aussi utilisées mais pour faire la lessive (on met une dose de cendres qu’on a bien tamisées pour 2 doses d’eau, on laisse reposer 24 heures, on fait tourner sa machine comme d’hab et le tour est joué – si on veut une douce odeur on met une huile essentielle, Murielle utilise de la lavande).

Ils ont aussi d’inévitables déchets plastiques : emballages d’aliments qu’ils ne produisent pas, cotons-tiges, bouteilles de shampoing vides, etc. Mais c’est rarissime, étant donné qu’ils achètent tout en gros ou bien en vrac car ils ont des bocaux à n’en plus finir : depuis que je suis ici, c’est le même sac poubelle pour les emballages. Il me fait presque de la peine, à côté des seaux de déchets organiques qui font de nombreux allers-retours vers les animaux dans la semaine.

La préparation du marché 

Le samedi, les James tiennent un stand au marché de Saint-Affrique, sur lequel ils vendent du fromage, des confitures (figues et potimarrons-gingembre, cette dernière vous donne envie de vous lever le matin), des topinambours ou des épinards (en fonction du jardin), de la verveine en sachet, et surtout : du pain, des cookies et des viennoiseries ! Le tout 100% bio et 100% fait maison.

La préparation commence dès le jeudi soir : pour le pain, Murielle prépare le levain qui doit reposer toute la nuit. De son côté (et j’étais avec lui cette fois-ci), Jayan passe son jeudi à préparer la pâte feuilletée qui servira à faire les viennoiseries. Le processus est long et rigoureux : il faut d’abord faire la pâte de base (sel, sucre, farine, levure, eau) qu’il faut laisser reposer au moins quatre heures. Ensuite on l’aplatit, on y ajoute une couche de beurre homogène, on fait un « sandwich »  de pâte pour que le beurre soit encerclé, on écrase le tout et on laisse reposer.

Il faut répéter le pliage trois fois dans la journée avant de laisser reposer toute la nuit. Une fois qu’on a vu la préparation et la quantité de beurre utilisée, la viennoiserie fait bien culpabiliser quand on l’avale. Je garde donc volontairement l’info des dosages pour moi : ne me remerciez pas !

marché_pain_croissant_ferme

Vendredi, réveil à 6h30, ça picote.

D’un côté Murielle fait la pâte à pain, de l’autre nous coupons avec Jayan la pâte des viennoiseries en 8, et on étale largement chaque morceau sur le plan de travail pour en faire des croissants, des roulés à la confiture de châtaigne… On en remplit quatre larges plaques, et on termine une heure après avoir commencé. Il est 7h30, on a mérité de boire un café et de manger un morceau !

Après le petit-déjeuner, c’est l’heure de faire les cookies. Ça, je connais par cœur donc je fais seule. Et surtout j’ai décidé de faire une recette que j’ai à la maison pour la faire goûter à la maisonnée et diversifier leur offre au marché. Les quantités sont impressionnantes, parce que les ingrédients de ma recette – normalement pour 8 personnes – sont désormais multipliés par 4. Plutôt qu’un petit saladier je me retrouve à cuisiner dans une bassine et à avoir les mains entièrement plongées dedans. Note : comme ma recette contient de la poudre d’amande et que c’est un ingrédient coûteux, on calcule le nouveau prix des cookies pour samedi.

Les 300 grammes de poudre d’amande coûtent 8.70€. J’en ai utilisé 1.3 kg pour faire 6 kg de cookies, mais j’en vendrai seulement 3.150 kg au marché. Sachant que le prix habituel des cookies est de 1.60€ pour 100 grammes, de combien sera l’augmentation du prix, et, en arrondissant à la hausse, combien coûteront dorénavant 100 grammes des nouveaux cookies ? Solution dans le prochain numéro !

Ensuite… je me plonge dans la préparation des gâteaux d’apéritif. J’ai vu Murielle faire la semaine dernière donc elle me demande de le faire seule cette fois. Dieu merci j’avais noté la recette, parce qu’elle me dit ça comme si c’était naturel de retenir quand on a vu faire une fois… Euh.

Je fais d’abord la pâte brisée maison (farine, beurre, eau), puis j’y ajoute du gruyère et les épices de mon choix (en l’occurrence : curry et estragon, folie de chez folie). Je remplis quatre plaques de gâteaux en forme de petits cœurs, de trèfles, je fais des lettres… C’est pour la maison donc aucune pression sur l’aspect des gâteaux, j’ai l’impression d’avoir 5 ans et j’avoue que je m’éclate bien. Mais comme je suis aussi très mature, je passe ma matinée à manger de la pâte pas cuite, et j’ai mal au ventre avant le déjeuner.

Pendant ce temps, Murielle gère la confection de la dizaine de pains : cinq nature et cinq recouverts de graines de pavot. Cela demande beaucoup d’adresse et de force dans les mains : j’ai eu du mal à suivre avec les miennes qui ne sont pas bien grandes (je terminais mon premier qu’elle entamait déjà son cinquième), et laissez-moi vous dire que le fait de taper rapidement sur un clavier ne donne absolument aucun muscle à vos doigts, au cas où vous vous le demandiez.

La mise en route du four à pain commence à l’aube :  il faut y allumer un feu important qu’on alimente en continu pendant minimum trois heures. Une fois qu’on juge qu’il est assez chaud (à l’instinct pour Murielle, mais la température atteint environ 300 degrés), on laisse l’intégralité du bois se réduire en cendres qu’on retire (elles serviront aux toilettes sèches ou pour faire la lessive) et on vérifie une dernière fois la température du four en y glissant une boule de papier journal. C’est une méthode de boulanger. Si elle brûle quasi instantanément, c’est que le four est prêt.

Jour de marché

Samedi, réveil à 6h45 pour un départ à 7h30 de la maison et une arrivée sur notre place de marché à Saint-Affrique aux alentours de 8h. La maison est bien silencieuse à cette heure-ci car seuls Malaurie, Yanis (11 ans) et moi partons à l’aube. Le reste de la smala nous rejoint plus tard, mais ne s’occupe pas du tout de la vente : car chacun a des emplettes à faire ou des gens à voir en ville.

On se prépare des thermos de boissons chaudes en vue des longues heures statiques devant nous et parce qu’il fait frais (jusqu’à -5 degrés) à l’aube. On rassemble le chargement : on met les viennoiseries et cookies dans des boîtes, on enroule les pains dans une couverture, on va chercher les caisses d’épinards ou de topinambours que Clément a cueillis et nettoyés la veille, les caisses remplies de confitures, et on entasse le tout dans le coffre de la voiture. Il faut aussi embarquer les tréteaux, les planches, et le parasol. Yanis pense bien à embarquer sa trottinette, car c’est avant tout pour arpenter tout Saint-Aff’ qu’il vient dès le petit matin !

Aaaah qu’est-ce qu’on est serrés, au fond de ce camion… Mais on oublie qu’on est à l’étroit car la route pour se rendre au marché donne une vue imprenable sur la vallée, et un peu magique, avec la lumière encore blanche et la lune toujours présente. On aperçoit des chevreuils et lièvres dans les champs, on se sent seul au monde.

Une fois qu’on arrive dans la rue du marché, on ralentit pour avancer entre les stands qui commencent à prendre forme, tout le monde s’active et se dit bonjour, c’est convivial. Le jour commence à pointer. On arrive à notre emplacement et nos voisins, Yann à gauche, Gilles à droite, et Ely en face sont déjà là. On installe le stand en mode automatique avec Malou, maintenant je connais la musique. On s’amuse à mettre des couleurs sur nos étiquettes de prix et à faire une assiette dégustation pour les confitures. Une fois que tout est en place, on sort rapidement nos thermos pour essayer de se réchauffer tant bien que mal, et quand ça ne va vraiment pas on vient quémander une petite place autour du chauffage à gaz de Yann. On est juste à côté donc on peut y « prendre le café » et revenir au stand dès qu’on voit un client. On pique dans nos viennoiseries pour accompagner nos boissons chaudes car on part de la maison le ventre vide, mais c’est super de pouvoir petit-déjeuner une fois que tout est bien installé. Un sentiment de plénitude.

marché_voisins_bonjour_affrique_stand

Nos premiers clients sont les commerçants qui viennent nous acheter une petite viennoiserie pour leur petit-déjeuner, ou du pain qu’ils ont l’habitude d’acheter chez nous. Il y a des magouilles entre copains : on échange des viennoiseries contre des champignons, des salades, des courges d’Ely ou de Yann en fonction de l’envie, des pots de ratatouille contre les pots de yaourt de Véro, on nous donne des pots vides parce qu’on en a besoin pour les confitures…

La matinée avance et le marché prend peu à peu vie, au début ce sont les habitués (et les plus courageux) qui font leurs emplettes tôt, puis au fur et à mesure on voit des familles avec enfants en bas-âge, puis les gens prennent le temps de s’arrêter, discutent et rigolent. Pour certains habitants, le marché est la sortie de la semaine, on sent qu’ils ont envie de papoter : on me demande d’où je viens, on ne m’a jamais vue ici. L’ambiance est chaleureuse.

Au revoir, Bouniols !

Alors que la première semaine m’a paru une éternité avec le choc de l’arrivée et de la nouveauté, ces derniers jours ont filé à la vitesse de la lumière : je me sens désormais presque chez moi ici (oui, oui, malgré les toilettes sèches !)… Les James, bien qu’ayant choisi de vivre une vie plus rustique (mais pas du tout arriérée, ils ne sont pas coupés du monde extérieur non plus) que celle que je connais, mais quelque part peut-être aussi plus authentique, m’ont incroyablement bien reçue, tellement que j’ai l’impression d’avoir une véritable place à Bouniols. C’est le cœur lourd que je me résigne au départ.

La suite au prochain épisode de « Loulou dans la boue » !

Fashion Revolution : le Fair-trade au goût du jour !

Cette année, Les Mouettes Vertes participent à la Fashion Revolution ! Cet évènement commémore l’effondrement de l’atelier de confection de vêtements « Rana Plaza » le 24 avril 2013 au Bangladesh. Cet accident dramatique a dévoilé des conditions de travail parfois inacceptables de l’industrie du textile. Depuis, chaque année, les producteurs textile partagent sur les réseaux sociaux des clichés de ceux qui confectionnent leurs produits. Un hashtag est mondialement utilisé pour cela : #whomadeyouclothes. Cela permet de valoriser le fairtrade !

Fashion Revolution : le Fairtrade au goût du jour !

Chez Les Mouettes Vertes, nous sommes fiers de vous présenter nos collègues de Badalpur en Inde, qui façonnent chaque jour nos sacs & accessoires en coton bio ! L’atelier répond aux critères sociaux les plus élevés, et est à ce titre certifié SA8000 ! Vous pouvez les découvrir en photos, mais également en vidéo !

Article 1 - Fashion révolution

Article 1 - Fashion révolution2

Merci à leurs équipes pour l’ensemble de leur travail !

 

Le sac vrac des Mouettes Vertes, éthique, écologique et pratique

Avec l’interdiction des sacs plastiques à usage unique, les Français repensent leur manière de faire leurs courses. Les Mouettes Vertes qui proposaient déjà des solutions de sac de course, agrandissent leur gamme avec la création du sac vrac : solution écologique, éthique et pratique !

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Ce même week-end  a vu  la victoire de l’excellent documentaire Demain signé de Cyril Dion, que beaucoup connaissent pour son action fondatrice du mouvement Colibris (Pierre Rabhi).

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