Plus que jamais GOTS !

A l’heure où le Best Cotton Initiative se développe à grand pas, à l’heure où Bayer rachète Monsanto (en attente de validation), Les Mouettes Vertes redoublent d’efforts pour faire connaître le GOTS (l’unique cahier des charges du textile bio).

GOTS l'unique cahier des charges du textile bio

La Naissance du GOTS en 2007

étiquette GOTS présente dans tous les produits Les Mouettes Vertes

étiquette GOTS présente dans tous les produits Les Mouettes Vertes

2007, les acteurs du textile bio se réjouissent. En effet, les auditeurs (ecocert, agrocel, immo, Control Union…) ont réussi à faire ce que peu de gens ont réussi dans d’autres industries : se mettre d’accord sur un unique cahier des charges social et environnemental des filières de coton bio.  A présent, un même référentiel de règles régissent la filière du coton bio :  de la culture du coton bio des fermiers jusqu’à la confection en passant par la filature, le tissage, la teinture.

La Naissance du BCI en 2010

Best Cotton Initiative

Best cotton Initiative ou BCI, une initiative lancée en 2010 visant à augmenter la traçabilité des filières textile. Malheureusement, les OGMs sont autorisés. Et les conditions du commerce équitable ne sont pas prises en compte.

2010 voit la naissance d’une nouvelle initiative : La Best Cotton Initiative (BCI). En coulissse, les gros de l’industrie textile sont à la manœuvre, parmi lesquels en première ligne Levi Strauss, Mark&Spencer, Adidas, H&M. Le GOTS paraissant un brin trop exigeant ( ?), ces acteurs se concertent pour lancer un programme dans les campagnes productrices de coton. Les buts de ce programme sont :

  • La réduction de l’impact environnemental de la culture
  • L’amélioration des conditions de vie des villageois et la contribution au développement économique de la région
  • L’engagement à améliorer l’approche BCI sur toute la supply chain
  • La promotion du BCI afin d’affirmer sa crédibilité et ce faisant sa viabilité

Les buts sont plutôt louables, même si nous pouvons néanmoins questionner les buts no.3 et 4. En effet, lorsqu’un cahier des charges est clair et fort, alors il n’y a pas besoin de le crédibiliser.

En dehors de ces 2 points, les autres buts sont plutôt intéressants car cette initiative représente un premier pas pour améliorer la situation environnementale et sanitaire des régions productrices. D’ailleurs là où le BCI est en place, les rendements sont améliorés de 3% par rapport à la culture conventionnelle, l’utilisation des pesticides est en baisse de 20% et l’utilisation des fertiliseurs en baisse. On se met donc à rêver : et si le BCI permettait de convaincre des gros acteurs du textile conventionnel d’adopter des approches un peu plus éco-responsables ?

Malheureusement plusieurs points viennent doucher notre enthousiasme naissant.

La BCI permet l’utilisation de pesticides et insecticides… Difficile alors de revendiquer l’amélioration sanitaire quand on sait ce qu’implique l’utilisation de ces produits chimiques sur les ruisseaux et les nappes phréatiques.  Le tout à l’égout n’existant pas dans les villages, les familles sont en contact direct avec de l’eau insalubre.

De plus, aucun premium n’est apporté à quelques étapes de la filière que ce soit. Il est donc difficile de parler de développement économique d’un territoire. En clair, on continue ‘le business as usual’.

Bizarrement après avoir lu de nombreux témoignages, la transformation, la confection, la teinture et la sérigraphie sont les grands absents du BCI. Jamais ces étapes ne sont mentionnées. Est-ce à dire qu’elles échappent aux programmes BCI ? Peut-être pas, mais actuellement il y a un vrai flou sur ce point.

Et surtout….

Le BCI permet les OGMs

Dans tous les écrits portant sur le BCI, rédigés par un Décathlon, un addidas… les OGMS ne sont jamais mentionnés. Le fameux coton BT introduit en Inde il y a une quinzaine d’années a fait de réel ravages humains et bien entendu environnementaux : ils ont précipité la hausse du prix des semences, et l’endettement des fermiers, et par ricochet nourrit la spirale des suicides.

Lors du dernier Festival du Monde (septembre 2016), Vandana Shiva est revenue sur le mariage Bayer Monsanto. C’est ni plus ni moins la création d’un ‘Leviathan’ que nul état ne pourra contrôler. Ces groupes ont pris possession du vivant, l’ont breveté puis le monnayeront. Cela aura à coup sûr un impact direct sur la condition de vie des fermiers, et sur le prix du coton. N’hésitez pas à visionner l’interview de Vandana donnée au journal Le Monde.

Une fois de plus, le BCI ferme les yeux, semble bien nonchalant sur des sujets pourtant si cruciaux. Là encore, difficile de défendre une telle initiative.

Les MOUETTES VERTES : coton bio certifié GOTS

Tissage de coton bio équitable dans notre unité de Badlapur en Inde

Tissage de coton bio équitable dans notre unité de Badlapur en Inde

Dès 2004, année de la création de notre filière en Inde, nous avons fait le choix de travailler le coton biologique. Nous  nous sommes rapprochés de Control Union qui avait un cahier des charges social et environnemental portant sur toute la filière. N’hésitez pas à relire l’article qu’est ce qu’un sac bio. Il revient sur tous les critères qui font qu’un produit peut être dit ‘bio’.

Parler de l’environnement sans parler de l’homme est un non sens, parler de l’humain (équitable) sans parler de l’environnement est tout autant un non sens. Le cahier des charges SKAL puis GOTS nous semblait une bonne réponse à notre volonté de promouvoir des filières textile respectueuses de la nature et de l’humain.

Certes la BCI peut être à l’origine une bonne idée. Ce qui dérange c’est qu’elle ait été créée par des acteurs qui faisaient la promotion du bio (Mark and Spencer en tête) et qui aujourd’hui le font de manière beaucoup plus confidentielle. Autrement dit, la BCI propose une pseudo traçabilité au rabais pour des gens qui placent la communication et le marketing au-dessus de  l’authenticité.

Plus que jamais le bio certifié GOTS doit tenir bon, doit être mis en avant, expliqué afin que le grand public sache de quoi il en retourne.

Coton-bio-toile-les-mouettes-vertes