Au commencement des Mouettes Vertes, des cabas bio pour les magasins bio

12 novembre 2015 | Créations | Engagements écologiques | Matières écologiques

Que de chemin parcouru entre 2005 et 2015.... à l'époque, les consommateurs n'avaient pas le réflexe du cabas réutilisable pour faire leurs courses!  Il n'était d'ailleurs pas rare de trouver des sacs plastiques dans les magasins ...même bio. C'est d'ailleurs  sur cette simple observation que Les Mouettes Vertes sont nées. Françoise Brinquin, créatrice de l'entreprise, revient sur les origines des Mouettes Vertes.

A l’origine Les Mouettes Vertes,
ce sont des cabas bio pour les magasins bio !

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A l’heure où je vous écris, je rentre tout juste du marché. J’ai pris quelques instants ce matin pour regarder si les gens arpentaient les allées du marché avec un sac cabas réutilisable. La réponse est claire : oui la plupart des gens possèdent un chariot de course, un sac en toile, voire même un sac de course bio pour certains (!). Les plus nostalgiques arborent à leur bras des filets modernisés grâce à leur couleur acidulée …

Bref, il ne fait aucun doute qu’au cours des 10 dernières années, nous consommons moins de sacs plastiques et prenons le temps de prendre un cabas réutilisable avant de sortir faire nos courses. 

Seuls les moins prévoyants continuent à en prendre à chaque passage en caisse. Le cabas réutilisable (grand, petit, repliable..) est devenu une évidence en somme. Quel changement en 10 ans donc !

Flashback sur le 24 septembre 2004 : mes pensées me replongent sur ce jour de septembre 2004 où faisant mes courses dans un magasin bio de la capitale, je ressortis avec… un sac plastique. J’avoue avoir été sur le moment déçue, et me souviens même en avoir fait la remarque gentiment à la commerçante. N’étant pas au bout de mes courses, je me suis alors orientée vers un supermarché classique situé de l’autre côté de l’avenue. En passant à la caisse, quelle ne fut pas ma surprise en entendant la caissière me vanter les petits sacs réutilisables en nylon. Une idée me tomba du ciel comme la force de l’évidence : pourquoi ne pas proposer des sacs de course bio pour les magasins bio. Par cabas bio, je signifie cabas réalisé en coton bio.  Ce même soir, venaient des amis à la maison pour dîner, inutile de vous dire que ma tête fut ailleurs pendant tout le repas. L’idée du cabas bio m’obsédait, à tel point que je n’avais qu’une envie c’était d’être au lendemain. Lendemain où je pouvais parcourir tous les magasins bio de Paris afin de vérifier si ces fameux sacs de course en coton bio fleurissaient ou bien au contraire manquaient en bout de caisse.

Dès le lendemain, mon intuition fut confirmée : aucun magasin de la capitale ne proposait de cabas réalisés dans des matériaux écologiques. Quelle surprise, quelle déception et enfin… quelle excitation ! Certes la plupart d’entre eux proposaient des cartons réutilisables…des sacs kraft. Il était fréquent, à l’époque, de voir des sacs plastiques en bout de caisse… mais j’étais excitée car enfin j’avais enfin en tête une idée simple et utile pour la nature et les hommes.

Une idée utile pour la nature : innover dans le sac de course

Sac plastique

Le sac plastique symbolise parfaitement notre société de consommation, société qui, il faut bien l’avouer, n’est ni plus ni moins qu’une société de déchets. Sa durée de fabrication est d’une seconde, sa durée d'utilisation de quelques minutes, mais sa durée de vie, elle, s’étend de 100 à 400 ans. La fabrication de sacs plastiques contribue à l’épuisement des réserves naturelles de pétrole, source d’énergie fossile,  donc non renouvelable, que la nature a mis des millions d’années à fabriquer.
Abandonnés, jetés par mégarde, oubliés par les collectes d’ordures ménagères, les sacs sont partout et quelquefois là où on les attend le moins ! Dans les champs, en forêt, en montagne, en mer ou sur le littoral, ils pullulent alors que déjà un seul sac abandonné suffit à dégrader la beauté du paysage. D’après l’Ifremer, 122 millions de sacs plastiques souillent nos 5 000 kilomètres de côtes.

Mais le plus inquiétant est invisible. Le plastique se fractionne jusqu’à former des particules microscopiques (de l’ordre de 300 micromètres). Elles contaminent le sol et l’eau et apparaissent dans la chaîne alimentaire. Les animaux marins les ingèrent et les polluants persistants se retrouvent, en bout de chaîne, dans nos assiettes. Toutes les espèces marines ou presque contiennent du plastique.

On estime que la Méditerranée contient 250 milliards de particules plastiques, (microparticules et macroparticules), atteignant un poids de 500 tonnes qui flottent à la surface. Hélas, le cas de la mer Méditerranée n’a rien d’exceptionnel.
Ces plaques de déchets résultent de l’accumulation de déchets plastiques : bouteilles vides, bouchons, sacs … et des milliards de débris. La majorité d'entre eux, fragmentés par le séjour dans l'eau, de moins d’un centimètre et pèsent moins de 15 grammes. Cette soupe de plastique contient des déchets parfois très fins. Elle s’enfonce sous la surface sur 10 à 30 mètres de profondeur avec une densité pouvant atteindre les 750 000 morceaux par km². Ces déchets proviennent des navires et des continents, transportés par le vent et les fleuves vers la mer.
Regroupés par les courants marins, ces plastiques finissent par s’agglutiner pour créer une pollution océanique sans précédent que l’on nomme Gyres ou Vortex. Aujourd’hui, on parle même de l’existence de "continents plastiques".

Un cabas c’est bien, un cabas bio c’est mieux

Le choix du coton bio versus le coton conventionnel est aussi une évidence. Il suffit de prendre pour exemple l’impact de la culture intensive du coton sur la Mer d’Aral. En l’espace de 40 ans, la Mer d’Aral est passée de 67000 km² à 21000 km². La culture intensive du coton a totalement modifié l’écosystème de la mer d’Aral, ainsi que la vie économique du bassin. Vous pouvez d'ailleurs relire notre article sur la Mer d’Aral l’espoir d’une prise de conscience écologique.

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Autre point : la culture du coton bio n'a recours à aucun pesticide. Les pesticides assèchent petit à petit les terres, les affaiblissent et polluent les cours d’eau des villages. Tous les fermiers qui se sont convertis à la culture bio témoignent de l’amélioration de leurs conditions sanitaires. Les allergies, les vertiges ne sont plus que de mauvais souvenirs. Nous avons réalisé une vidéo en Inde qui présente la Culture du coton en Inde avec des fermiers bio .

En somme, le respect de la nature et le respect de l’homme vont souvent de pair. L’un sans l’autre n’a finalement que peu de sens.

Une idée utile pour les hommes : un nouveau sac de caisse

Il existe tout type de sac de courses réutilisables : des sacs en toile de jute, toile de coton, PET recyclé… Il me tenait à cœur de choisir un matériau et une filière qui prennent en compte les conditions de production responsables depuis l’amont et jusqu’à l’aval.

Prenons la toile de jute : si la toile de jute peut être une alternative intéressante, les équipes de confection détestent la travailler car cette matière relâche dans l’atmosphère de fines particules dès qu’on la manipule. Même avec un masque, ces particules sont inhalées. J’ai eu l’occasion de visiter des ateliers spécialisés dans la jute. Très vite au bout de quelques minutes mes yeux me piquaient.

Autre alternative étudiée : le PET recyclé. En 2005, les filières de PET recyclées sont assez rares et généralement situées en Chine. Et, nous n’avons que très peu d’interactions directes possibles avec les ateliers de production situés en Chine. Or, le fait de travailler en toute proximité avec l’atelier de production reste chez Les Mouettes Vertes essentiel. C’est la garantie d’une filière maîtrisée.

D’emblée donc, le choix du coton bio certifié GOTS s’est imposé.

Qu’est ce que le textile GOTS?

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Le textile bio certifié GOTS garantit du fermier jusqu’à la confection que les conditions environnementales ET sociales de production sont respectées. En d’autres termes, il semblait fondamental que tous les acteurs de la filière soit traités dignement. Le GOTS nous fournit cette traçabilité et  donne de bonnes garanties. Le groupement Mahima avec lequel nous travaillons aide les fermiers  à se convertir au bio, il les forme à la culture bio et aide à la commercialisation du coton. Cerise sur le gâteau : Il accompagne les familles de fermiers dans la scolarisation des enfants, en mettant notamment en place un système de ramassage scolaire. Les bus passent tous les jours dans les villages généralement situés à quelques dizaines de kilomètres de l’école. Ces bus sont la meilleure incitation à scolariser les enfants des fermiers. Ce type d’action sociale est très fréquent dans les groupements bio en Inde.

Le cabas en coton bio, comme une évidence

Des cabas pour les magasins bios réalisés dans le respect de la nature et des hommes. Voilà l’idée originelle des Mouettes Vertes. Je sors de ces quelques minutes plongée dans mes pensées et réalise à quel point au cours de ces 10 années, le changement de comportement des consommateurs en faveur des sacs réutilisables est évident. D’ailleurs, posez-vous la question : aviez vous un sac de course réutilisable  il y a 10 ans? Et aujourd’hui qu’en est il ? Si oui, avez-vous un cabas, un sac réutilisable repliable ? n’hésitez pas à partager avec nous votre expérience ! elle nous intéresse.

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