Nous ne Chinerons pas nos produits textiles engagés
15 décembre 2021 | Actualité

Depuis un an environ, il est devenu possible d’acheter en Chine des produits textiles engagés, fabriqués dans des usines certifiées, avec des matières recyclées ou issues de l’agriculture biologique. Nous nous sommes interrogés pour savoir si ces fournisseurs chinois de produits compétitifs, certifiés et de qualité, pouvaient devenir des partenaires.

Nous avons décidé que Les Mouettes Vertes ne produiront aujourd’hui pas en Chine, même avec les garanties environnementales et sociales les plus strictes.

Nous jugeons que ce pays ne s’engage pas suffisamment dans la préservation de notre planète et qu’il ne traite pas dignement les Hommes qui travaillent dans la filière textile.

Nous ne souhaitons pas apporter notre caution à ces pratiques, en contribuant à leur économie et appelons de nos vœux une règlementation douanière pénalisante pour les pays qui pratiquent du dumping environnemental et social.

La Chine engendre 31% des émissions de CO2 mondiales, et porte ainsi la plus grande responsabilité sur le dérèglement climatique. Ses émissions ont plus que triplé en 20 ans, et ils sont le seul grand pays à avoir encore augmenté leurs émissions en 2020. Cela résulte d’une matrice énergétique majoritairement fondée sur le recours au charbon.

L’Inde possède un modèle plus vertueux, et tous nos produits non fabriqués en France en proviennent, depuis plus de 15 ans. Que ce soit par habitant ou au global, leurs émissions sont environ 4 fois inférieures à celle de la Chine.


Source : Global Carbon Project

Sur le plan humain, une situation est particulièrement accablante : il devient absolument clair que la Chine a mis en place dans la région du Xinjiang des camps de travail fermés, visant les Ouighours, une minorité musulmane d’origine turque. Ces camps de travail, avec plus d’un million de personnes ont fourni la main d’œuvre pour la culture d’environ 80% du coton produit en Chine (soit près de 15% de la production de coton mondial).

Un groupe d’avocats engagés dans les Droits humains a documenté ces faits, au travers du site web Uyghur Tribunal et ont remis la semaine dernière un rapport à L’ONU apportant les preuves d’un génocide, et que ses commissaires ont jugé « profondément troublant ».

Les exactions décrites sont absolument accablantes : ablation de l’utérus, stérilisation forcée, camps de travail, emprisonnement, viols, violences sexuelles et tortures sont ainsi répertoriées.

La Chine réfute toute accusation et évoque des « centres de formation professionnelles ». Un rapport final de l’ONU devrait prochainement être publié.

S’engager pour l’environnement et l’impact social ne consiste pas uniquement à préférer les bons labels et certificats. Cela doit également passer par un choix politique – ici, le refus de contribuer à l’économie chinoise – qui, conduit à grande échelle, engagera ce pays à modifier leur comportement.

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